A 104 : résumé de la réunion de proximité du 13 avril, Carrières-sous-Poissy
Santé et cadre de vie : priorités des Carriérois
Source : site de la CPDP
Santé et cadre de vie ont dominé les échanges de cette huitième réunion de proximité à Carrières-sous-Poissy. Préoccupés par l'éventualité d'une nouvelle autoroute qui traverserait leur commune, quelque cinq cents Carriérois réunis dans la salle Louis-Armand, sont venus s'informer, témoigner et argumenter en faveur du maintien de leur cadre de vie.
Le maire de la commune a rappelé la position de la Communauté de Communes qui s'est prononcé en faveur « du tracé qui passe dans le fuseau sud-est et évite au maximum les zones urbanisées ». Le COPRA local a, quant à lui, réaffirmé son opposition à tout tracé passant en zone urbanisée et a obtenu du maître d'ouvrage que des mesures de bruit supplémentaires soient effectuées sur la commune. Le tracé « rouge », fortement attaqué ce soir là, a toutefois été défendu par Emmanuel Lamy, maire de St Germain-en-Laye et Patrick Meunier, membre du Comité Profile. Nombre de Carriérois ont exprimé, de façon souvent très personnelle, leur attachement au respect de leur cadre de vie. La salle a commencé à se vider doucement vers 23h et la séance fut levée aux alentours d'une heure du matin par le président de la Commission.
Daniel Schalck, favorable au fuseau sud-est
A ceux qui croient qu'une décision sur le prolongement de la Francilienne est d'ores et déjà arrêtée, le maire de Carrières-sous-Poissy rappelle, en guise d'ouverture, que les jeux ne sont pas faits : « chaque voix compte pour influer à la fois sur le choix du tracé et sur les modalités de sa réalisation ». Pour Daniel Schalck, la réalisation de la liaison nord-sud est cependant une nécessité vitale au même titre que la construction du pont entre Carrières et Achères. Le retard pris par ces projets est un handicap au développement du territoire, a souligné monsieur le maire, avant de rappeler l'importance de l'enjeu environnemental et l'impératif « de fluidifier le trafic devenu infernal». Il rappelle que Carrières s'est battue naguère pour que "la traversée alors envisagée ne la détruise pas". La traversée en souterrain inscrite au PLU permettrait peut-être, si elle était prolongée, de réunir, "par des lieux de vie", Carrières centre et Carrières Saint-Louis. Mais il serait bien préférable pour Carrières que l'on renonce à ce tracé que le maire qualifie de "préhistorique", libérant ainsi ces espaces aujourd'hui figés pour enfin bâtir le cœur de Carrières et redonner à la ville son unité.
Prônant une solution humaine privilégiant le devenir des habitants, le maire appelle les acteurs du dossier à mener une « réflexion objective et réaliste », Daniel Schalck rappelle la position de la Communauté de Communes des deux rives de la Seine. Carrières, à l'instar des cinq autres communes de l'intercommunalité, « se prononce en faveur du tracé sud-est qui évite au maximum les zones urbanisées ».
La communauté de communes des deux rives de la Seine
Son vice-président, Pierre Cardo, maire de Chanteloup-les-Vignes, souligne que le tracé « rouge » est celui qui impacte le plus les populations et interdit en outre un développement harmonieux de la région. Il n'en demeure pas moins qu'une voie rapide est nécessaire à la fois pour soutenir le développement économique et notamment l'activité automobile, principal employeur de la zone, et rendre à la RN184 sa vocation de « voirie locale ». Etant observé que "le tracé violet ne résout rien" et après avoir rappelé les attendus de la délibération de la Communauté de Communes, Pierre Cardo conclut : « La réalisation de la Francilienne est urgente, mais elle doit s'effectuer dans le plus grand respect des populations », L'intercommunalité qu'il représente sera néanmoins attentive, s'il devait en être ainsi, aux modalités d'aménagement d'une infrastructure routière dans le territoire des six communes concernées.
Hugues Ribault, maire d'Andrésy, également vice-président de la Communauté de Communes des deux Rives de la Seine, rappelle les arguments développés au cours des précédentes réunions du débat public à l'encontre du tracé « rouge ». Il espère que ces arguments auront ébranlé définitivement la position initiale du maître d'ouvrage qu'il ressentait comme un parti pris a priori en faveur du tracé rouge. Il est convaincu que tant le développement économique (il trouve injustes les critiques formulées à l'égard de Peugeot, premier employeur de la zone) que la nécessité de rendre à la RN184 son rôle de desserte locale, imposent de prolonger la Francilienne et de le faire vite. Il considère que, contrairement à une idée reçue, l'antériorité du tracé "historique" et les réservations auxquelles il a donné lieu, ne sont pas une garantie de rapidité. Il adhère, bien entendu, à la délibération de la Communauté de Communes, mais précise, en tant que maire d'Andrésy, que "la base de sa proposition est le tracé bleu". Il engage la DREIF à approfondir ce tracé "qui, on le sait bien, n'a pas été étudié sérieusement dans les documents du maître d'ouvrage"
Quelques autres points saillants relevés au cours du débat
* Christiane Paravy, présidente du COPRA de Carrières-sous-Poissy stigmatise « un projet démentiel » et refuse tout tracé en zone urbanisée.
Elle commence par pointer les failles du dossier du maître d'ouvrage, arguant que les tracés « rouge » et « vert » achoppent sur plusieurs problèmes qui rendent le passage de l'A104 impossible. Outre la dévalorisation du patrimoine immobilier, elle expose les conséquences sur l'environnement dont l'étang de la Galiotte aujourd'hui en zone classée (ZNIEFF). Dans l'hypothèse du tracé « rouge », ce seraient plusieurs écoles, collèges et structures sportives qui auraient à subir, de plein fouet, la pollution liée au trafic de la Francilienne. Elle dénonce l'augmentation du niveau sonore aux abords des habitations, conséquence du manque de protections phoniques prévues dans le dossier du maître d'ouvrage. Elle met en cause les mesures réalisées par la direction de l'Equipement d'Ile-de-France, qui compare le bruit supposé de la Francilienne avec celui produit par la D190, une voie particulièrement bruyante à l'heure actuelle. La comparaison est donc faussée, selon la représentante du COPRA, qui se demande « où est l'intérêt général quand une autoroute impacte 200 000 personnes ». « Le choix des points de mesure n'est pas anodin », lance-t-elle en réclamant que de nouvelles mesures soient effectuées.
Le maître d'ouvrage, par la voix d'Eric Debarle, accède à sa demande et s'engage à choisir d'autres points de mesures de bruit tout en indiquant que la Francilienne a été « dessinée » pour ne jamais dépasser les 60 décibels pour les riverains, ce qui correspond aux normes actuelles. Par opposition à la situation de la D190, dans un endroit où il y a peu de bruit, il indique que les protections phoniques réduiront les nuisances et que la chaussée serait réalisée en déblai, en dessous du niveau naturel, sur la quasi-totalité du tracé « rouge ». Sinon, des merlons de terre seraient aménagés, afin de limiter la propagation du bruit. Il signale en outre que si les protections envisagées par le projet ne s'avéraient pas suffisantes, il serait possible d'améliorer les dispositions retenues dans cette première approche.
Sur la pollution, le maître d'ouvrage argumente, face à une assistance plutôt dubitative, que les nouvelles normes de carburant et les progrès techniques des moteurs contribueraient avec le renouvellement du parc automobile d'ici 2020, à réduire significativement le niveau de pollution, même si le trafic augmente sensiblement
* Carlos da Fonte, nouvellement propriétaire à Carrières. « Moi, j'en prends pour 20 ans »,
Plusieurs habitants de Carrières, se sentant gravement menacés dans leur patrimoine et dans leur qualité de vie par le projet ont dénoncé un manque d'information de la part de la mairie. L'un d'entre eux, visiblement très ému, rapporte que « sous la pression des agences immobilières » la mairie ne mentionnerait pas le projet autoroutier aux nouveaux arrivants mais « moi, j'en prends pour vingt ans !» (ndlr de crédit) conclut-il, désabusé.
* «Quelles seraient les conséquences des stations de péage sur la pollution ? » questionne une habitante de Carrières à partir de la salle.
Eric Debarle explique qu'un péage classique, avec arrêt puis redémarrage, augmente en effet la pollution. En revanche, il insiste sur le fait que le péage n'est pas une obligation et fait partie des points à discuter.. L'autoroute peut-être financée entièrement par l'Etat ou par un partenariat public-privé. Dans les deux cas, le principe du péage est exclu. Si la Francilienne fonctionnait en concession, le péage pourrait cependant être d'une conception plus moderne qui ne nécessiterait pas l'arrêt des véhicules. Il demeure que le système payant entraîne une réduction du trafic, réduisant l'efficacité du nouvel équipement. Selon les études de la DREIF, un péage de deux euros entraînerait une baisse du trafic de 15%, tandis qu'un droit de passage de huit euros (comme sur l'A14) réduirait la circulation de moitié.
* Guy Pécheu, pour les Verts IDF
Conteste l'argument de l'augmentation inéluctable du trafic qui justifierait ce projet de prolongement. Il prône le développement des transports en commun alors qu'il constate sur la base de son exemple personnel, des lacunes importantes dans ce domaine.
* Emmanuel Lamy, maire de Saint-Germain, considère que cette position manque totalement de réalisme « La pollution existe déjà et cet axe structurant est indispensable au développement économique ».
Il souligne que la Francilienne se boucle aujourd'hui de fait à Saint-Germain, au carrefour du Bel-Air. Pour des raisons d'efficacité, de coût et de délai de réalisation, il se prononce clairement pour le tracé « rouge » (vive opposition du public).
Il communique le contenu de la délibération du Conseil municipal de Saint-Germain-en-Laye du 11 avril 2006, votée à l'unanimité, moins quatre abstentions, en faveur de ce tracé.
* Patrick Meunier, du comité Profile représentant les entreprises : « A Saint-Germain, on est plongé quotidiennement dans l'enfer de la circulation ». Dans le nord-ouest de l'Ile-de-France les flux radiaux sont assez bien traités. Il n'en est pas de même des flux tangentiels et il est urgent de trouver une solution. Il appelle à un dialogue entre les entreprises et le COPRA, qui défendent des points de vue divergents certes mais chacun étant convaincu de la nécessité d'un compromis.
* Jean-Marc Raffolt présente un certain nombre de données statistiques concernant les accidents enregistrés sur les voies rapides urbaines. Le maître d'ouvrage fait observer que si le nombre d'accidents, enregistrés annuellement sur un kilomètre de voie rapide, est effectivement supérieur à ce qu'il peut être sur une route nationale ou départementale, ce type de statistiques ne tient pas compte du trafic proportionnellement bien supérieur sur voie rapide. Seul réellement significatif en termes de sécurité des personnes, le ratio risque d'accident par véhicule et par km parcouru, fait apparaître la voie rapide comme incontestablement plus sûre. Il rappelle qu'en France, selon les données de la sécurité routière, les autoroutes représentent 1% du kilométrage national, concentrent 21,2% du trafic pour une proportion de 5,4% d'accidents.
* Eddie Aït, conseiller régional, est venu exprimer en toute fin de soirée la position de la Région, qui « refusera de mettre un sou dans un tracé urbain ou qui passerait dans le Parc naturel régional » (tracé violet). La Région motivé par « le bon sens et le courage, suggère plutôt de maîtriser la circulation en développant des modes de transports alternatifs, afin de remplir pleinement ses engagements à être une « éco-région ». Face au danger qui plane sur les habitants, il en appelle à la responsabilité des élus pour s'opposer à une autoroute dont « l'utilité n'est pas démontrée, contrairement aux nuisances bien réelles ».
Passé minuit, le maire Daniel Schalck remercie tous les intervenants et salue la qualité des arguments échangés, avant que Jean Bergougnoux ne donne rendez-vous pour la prochaine étape yvelinoise du débat public, le mardi 18 avril à Gargenville.
Le maire de la commune a rappelé la position de la Communauté de Communes qui s'est prononcé en faveur « du tracé qui passe dans le fuseau sud-est et évite au maximum les zones urbanisées ». Le COPRA local a, quant à lui, réaffirmé son opposition à tout tracé passant en zone urbanisée et a obtenu du maître d'ouvrage que des mesures de bruit supplémentaires soient effectuées sur la commune. Le tracé « rouge », fortement attaqué ce soir là, a toutefois été défendu par Emmanuel Lamy, maire de St Germain-en-Laye et Patrick Meunier, membre du Comité Profile. Nombre de Carriérois ont exprimé, de façon souvent très personnelle, leur attachement au respect de leur cadre de vie. La salle a commencé à se vider doucement vers 23h et la séance fut levée aux alentours d'une heure du matin par le président de la Commission.
Daniel Schalck, favorable au fuseau sud-est
A ceux qui croient qu'une décision sur le prolongement de la Francilienne est d'ores et déjà arrêtée, le maire de Carrières-sous-Poissy rappelle, en guise d'ouverture, que les jeux ne sont pas faits : « chaque voix compte pour influer à la fois sur le choix du tracé et sur les modalités de sa réalisation ». Pour Daniel Schalck, la réalisation de la liaison nord-sud est cependant une nécessité vitale au même titre que la construction du pont entre Carrières et Achères. Le retard pris par ces projets est un handicap au développement du territoire, a souligné monsieur le maire, avant de rappeler l'importance de l'enjeu environnemental et l'impératif « de fluidifier le trafic devenu infernal». Il rappelle que Carrières s'est battue naguère pour que "la traversée alors envisagée ne la détruise pas". La traversée en souterrain inscrite au PLU permettrait peut-être, si elle était prolongée, de réunir, "par des lieux de vie", Carrières centre et Carrières Saint-Louis. Mais il serait bien préférable pour Carrières que l'on renonce à ce tracé que le maire qualifie de "préhistorique", libérant ainsi ces espaces aujourd'hui figés pour enfin bâtir le cœur de Carrières et redonner à la ville son unité.
Prônant une solution humaine privilégiant le devenir des habitants, le maire appelle les acteurs du dossier à mener une « réflexion objective et réaliste », Daniel Schalck rappelle la position de la Communauté de Communes des deux rives de la Seine. Carrières, à l'instar des cinq autres communes de l'intercommunalité, « se prononce en faveur du tracé sud-est qui évite au maximum les zones urbanisées ».
La communauté de communes des deux rives de la Seine
Son vice-président, Pierre Cardo, maire de Chanteloup-les-Vignes, souligne que le tracé « rouge » est celui qui impacte le plus les populations et interdit en outre un développement harmonieux de la région. Il n'en demeure pas moins qu'une voie rapide est nécessaire à la fois pour soutenir le développement économique et notamment l'activité automobile, principal employeur de la zone, et rendre à la RN184 sa vocation de « voirie locale ». Etant observé que "le tracé violet ne résout rien" et après avoir rappelé les attendus de la délibération de la Communauté de Communes, Pierre Cardo conclut : « La réalisation de la Francilienne est urgente, mais elle doit s'effectuer dans le plus grand respect des populations », L'intercommunalité qu'il représente sera néanmoins attentive, s'il devait en être ainsi, aux modalités d'aménagement d'une infrastructure routière dans le territoire des six communes concernées.
Hugues Ribault, maire d'Andrésy, également vice-président de la Communauté de Communes des deux Rives de la Seine, rappelle les arguments développés au cours des précédentes réunions du débat public à l'encontre du tracé « rouge ». Il espère que ces arguments auront ébranlé définitivement la position initiale du maître d'ouvrage qu'il ressentait comme un parti pris a priori en faveur du tracé rouge. Il est convaincu que tant le développement économique (il trouve injustes les critiques formulées à l'égard de Peugeot, premier employeur de la zone) que la nécessité de rendre à la RN184 son rôle de desserte locale, imposent de prolonger la Francilienne et de le faire vite. Il considère que, contrairement à une idée reçue, l'antériorité du tracé "historique" et les réservations auxquelles il a donné lieu, ne sont pas une garantie de rapidité. Il adhère, bien entendu, à la délibération de la Communauté de Communes, mais précise, en tant que maire d'Andrésy, que "la base de sa proposition est le tracé bleu". Il engage la DREIF à approfondir ce tracé "qui, on le sait bien, n'a pas été étudié sérieusement dans les documents du maître d'ouvrage"
Quelques autres points saillants relevés au cours du débat
* Christiane Paravy, présidente du COPRA de Carrières-sous-Poissy stigmatise « un projet démentiel » et refuse tout tracé en zone urbanisée.
Elle commence par pointer les failles du dossier du maître d'ouvrage, arguant que les tracés « rouge » et « vert » achoppent sur plusieurs problèmes qui rendent le passage de l'A104 impossible. Outre la dévalorisation du patrimoine immobilier, elle expose les conséquences sur l'environnement dont l'étang de la Galiotte aujourd'hui en zone classée (ZNIEFF). Dans l'hypothèse du tracé « rouge », ce seraient plusieurs écoles, collèges et structures sportives qui auraient à subir, de plein fouet, la pollution liée au trafic de la Francilienne. Elle dénonce l'augmentation du niveau sonore aux abords des habitations, conséquence du manque de protections phoniques prévues dans le dossier du maître d'ouvrage. Elle met en cause les mesures réalisées par la direction de l'Equipement d'Ile-de-France, qui compare le bruit supposé de la Francilienne avec celui produit par la D190, une voie particulièrement bruyante à l'heure actuelle. La comparaison est donc faussée, selon la représentante du COPRA, qui se demande « où est l'intérêt général quand une autoroute impacte 200 000 personnes ». « Le choix des points de mesure n'est pas anodin », lance-t-elle en réclamant que de nouvelles mesures soient effectuées.
Le maître d'ouvrage, par la voix d'Eric Debarle, accède à sa demande et s'engage à choisir d'autres points de mesures de bruit tout en indiquant que la Francilienne a été « dessinée » pour ne jamais dépasser les 60 décibels pour les riverains, ce qui correspond aux normes actuelles. Par opposition à la situation de la D190, dans un endroit où il y a peu de bruit, il indique que les protections phoniques réduiront les nuisances et que la chaussée serait réalisée en déblai, en dessous du niveau naturel, sur la quasi-totalité du tracé « rouge ». Sinon, des merlons de terre seraient aménagés, afin de limiter la propagation du bruit. Il signale en outre que si les protections envisagées par le projet ne s'avéraient pas suffisantes, il serait possible d'améliorer les dispositions retenues dans cette première approche.
Sur la pollution, le maître d'ouvrage argumente, face à une assistance plutôt dubitative, que les nouvelles normes de carburant et les progrès techniques des moteurs contribueraient avec le renouvellement du parc automobile d'ici 2020, à réduire significativement le niveau de pollution, même si le trafic augmente sensiblement
* Carlos da Fonte, nouvellement propriétaire à Carrières. « Moi, j'en prends pour 20 ans »,
Plusieurs habitants de Carrières, se sentant gravement menacés dans leur patrimoine et dans leur qualité de vie par le projet ont dénoncé un manque d'information de la part de la mairie. L'un d'entre eux, visiblement très ému, rapporte que « sous la pression des agences immobilières » la mairie ne mentionnerait pas le projet autoroutier aux nouveaux arrivants mais « moi, j'en prends pour vingt ans !» (ndlr de crédit) conclut-il, désabusé.
* «Quelles seraient les conséquences des stations de péage sur la pollution ? » questionne une habitante de Carrières à partir de la salle.
Eric Debarle explique qu'un péage classique, avec arrêt puis redémarrage, augmente en effet la pollution. En revanche, il insiste sur le fait que le péage n'est pas une obligation et fait partie des points à discuter.. L'autoroute peut-être financée entièrement par l'Etat ou par un partenariat public-privé. Dans les deux cas, le principe du péage est exclu. Si la Francilienne fonctionnait en concession, le péage pourrait cependant être d'une conception plus moderne qui ne nécessiterait pas l'arrêt des véhicules. Il demeure que le système payant entraîne une réduction du trafic, réduisant l'efficacité du nouvel équipement. Selon les études de la DREIF, un péage de deux euros entraînerait une baisse du trafic de 15%, tandis qu'un droit de passage de huit euros (comme sur l'A14) réduirait la circulation de moitié.
* Guy Pécheu, pour les Verts IDF
Conteste l'argument de l'augmentation inéluctable du trafic qui justifierait ce projet de prolongement. Il prône le développement des transports en commun alors qu'il constate sur la base de son exemple personnel, des lacunes importantes dans ce domaine.
* Emmanuel Lamy, maire de Saint-Germain, considère que cette position manque totalement de réalisme « La pollution existe déjà et cet axe structurant est indispensable au développement économique ».
Il souligne que la Francilienne se boucle aujourd'hui de fait à Saint-Germain, au carrefour du Bel-Air. Pour des raisons d'efficacité, de coût et de délai de réalisation, il se prononce clairement pour le tracé « rouge » (vive opposition du public).
Il communique le contenu de la délibération du Conseil municipal de Saint-Germain-en-Laye du 11 avril 2006, votée à l'unanimité, moins quatre abstentions, en faveur de ce tracé.
* Patrick Meunier, du comité Profile représentant les entreprises : « A Saint-Germain, on est plongé quotidiennement dans l'enfer de la circulation ». Dans le nord-ouest de l'Ile-de-France les flux radiaux sont assez bien traités. Il n'en est pas de même des flux tangentiels et il est urgent de trouver une solution. Il appelle à un dialogue entre les entreprises et le COPRA, qui défendent des points de vue divergents certes mais chacun étant convaincu de la nécessité d'un compromis.
* Jean-Marc Raffolt présente un certain nombre de données statistiques concernant les accidents enregistrés sur les voies rapides urbaines. Le maître d'ouvrage fait observer que si le nombre d'accidents, enregistrés annuellement sur un kilomètre de voie rapide, est effectivement supérieur à ce qu'il peut être sur une route nationale ou départementale, ce type de statistiques ne tient pas compte du trafic proportionnellement bien supérieur sur voie rapide. Seul réellement significatif en termes de sécurité des personnes, le ratio risque d'accident par véhicule et par km parcouru, fait apparaître la voie rapide comme incontestablement plus sûre. Il rappelle qu'en France, selon les données de la sécurité routière, les autoroutes représentent 1% du kilométrage national, concentrent 21,2% du trafic pour une proportion de 5,4% d'accidents.
* Eddie Aït, conseiller régional, est venu exprimer en toute fin de soirée la position de la Région, qui « refusera de mettre un sou dans un tracé urbain ou qui passerait dans le Parc naturel régional » (tracé violet). La Région motivé par « le bon sens et le courage, suggère plutôt de maîtriser la circulation en développant des modes de transports alternatifs, afin de remplir pleinement ses engagements à être une « éco-région ». Face au danger qui plane sur les habitants, il en appelle à la responsabilité des élus pour s'opposer à une autoroute dont « l'utilité n'est pas démontrée, contrairement aux nuisances bien réelles ».
Passé minuit, le maire Daniel Schalck remercie tous les intervenants et salue la qualité des arguments échangés, avant que Jean Bergougnoux ne donne rendez-vous pour la prochaine étape yvelinoise du débat public, le mardi 18 avril à Gargenville.
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